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Pourquoi les économies occidentales ont intérêt au retour de l'Iran dans leur camp

12.3.2014

Pourquoi les économies occidentales ont intérêt au retour de l'Iran dans leur camp

Enquête

En cas d'accord sur le dossier du nucléaire iranien, laissant au pays d'Hassan Rohani la possibilité d'exploiter l'énergie nucléaire à des fins civiles et non nucléaire, les sanctions économiques européennes et américaines pourraient être levées. sur le dossier du nucléaire a suscité beaucoup d'attentes, en Iran comme dans les pays occidentaux. Retour sur un processus diplomatique aux conséquences économiques, qui pourrait bien aboutir au 'plus gros rajout à l'économie mondiale' depuis la fin de l'Union soviétique.
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'Je vous l'annonce, un accord va être trouvé'. Déambulant dans son grand bureau de l'Avenue Montaigne, Ardavan Amir-Aslani, est catégorique. Pour l'avocat d'affaires et essayiste né à Téhéran, les sanctions économiques pesant sur l'Iran seront bientôt levées.

Le 18 février dernier, un deuxième round de négociations entre le pays et le conseil de sécurité de l'Onu (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) plus l'Allemagne s'est ouvert à Vienne, en Autriche. L'enjeu ? Parvenir à un compromis permettant à l'Iran de conserver certaines activités nucléaires tout en assurant les Occidentaux de son caractère purement civil… Un compromis introuvable depuis dix ans, précise Le Monde.

Relatif blanc seing de l'ayatollah Khamenei

Autant dire que le pari d'Ardavan Amir-Aslani peut paraître hasardeux. Tirant sur sa cigarette, l'avocat d'affaires semble pourtant sûr de lui. 'Tous les centres de décision sont derrière le gouvernement iranien', assure-t-il. 'C'est une lame de fond qui ne peut pas échouer'. Vainqueur surprise de l'élection présidentielle d'août 2013, Hassan Rohani jouit, selon Ardavan Amir-Aslani, du soutien de la société civile, des milieux étudiants, du 'Bazar' - les milieux d'affaires - et bénéficie d'un relatif blanc-seing de l'ayatollah Khamenei, le 'guide suprême'. Bien qu'assurant que les négociations 'ne servent à rien et ne mèneront nulle part', l'autorité morale et religieuse du pays ne s'y oppose pas.

En rupture avec son prédécesseur Mahmoud Ahmadinejad, Rohani s'est fait élire sur un programme plus modéré. 'La politique qu'il mène aujourd'hui, c'est celle pour laquelle il a été élu.' Par ailleurs, explique l'avocat d'affaires, 'les différentes composantes du pouvoir iranien ont compris qu'ils ont besoin, pour la permanence du pouvoir, qu'un terme soit mis aux sanctions internationales'.

Une économie en souffrance

Progressivement, la communauté internationale a adopté une batterie de sanctions pour éviter que l'Iran ne se dote de l'arme atomique. A partir de 2006, le Conseil de sécurité de l'Onu a adopté quatre résolutions (1737, 1747, 1803, 1929) visant le programme nucléaire, les Gardiens de la révolution ou les transactions commerciales et financières.

En 2010, l'Union européenne a imposé un blocus sur les achats de pétrole et d'hydrocarbures iraniens. Mais, selon Ardavan Amir-Aslani, son impact est limité. Beaucoup plus, en tout cas, que les sanctions votées par les Etats-Unis depuis 2008. Celles-ci impliquent, d'une part, que 'si vous achetez du pétrole à l'Iran en dehors du cadre fixé par les Etats-Unis, vous ne pourrez plus faire affaire avec ceux-ci'. D'autre part, que 'quiconque utilise une banque iranienne ou organise un transfert de fonds via l'Iran', voit également son accès bloqué au marché américain.

D'où une véritable 'coupure du système bancaire'. Dans une note publiée le 12 février dernier, à la suite de la visite d'une délégation en Iran, le FMI présente l'économie du pays comme 'affaiblie'. 'Des chocs importants, et la faiblesse de la gestion macro-économique au cours des dernières années ont eu un impact significatif sur la stabilité macroéconomique et la croissance'.

Une récession prévue de 1% à 2%

Inflation, hausse du chômage, secteurs privé et bancaire affaiblis, la 'détérioration marquée de l'environnement extérieur résultant de l'intensification des échanges et des sanctions financières' font souffrir l'économie iranienne, estime Martin Cerisola, directeur assistant du département Moyen Orient et Asie centrale du FMI. Sur 2013/2014 (l'année fiscale iranienne court du 21 mars au 20 mars), le fonds prévoit une récession de 1 à 2% du PIB iranien et estime que, même si 'les perspectives s'amélioraient en 2014/2015 avec l'accord intérimaire' trouvé le 24 novembre, la croissance restera faible, entre 1 et 2%. De quoi expliquer la décision des responsables iraniens d'entrer en négociation ? En partie.

Une tasse de café à la main, affable et souriant, Behzad Azarsa est dépositaire de la position officielle du pouvoir iranien. Le conseiller économique de l'ambassade d'Iran à Paris, avenue d'Iéna, minimise l'impact des sanctions internationales. 'Comme tous les pays du monde, l'Iran a des faiblesses. Mais aussi des forces. Malgré toutes les sanctions, c'est un pays très dynamique, qui s'en tire paradoxalement mieux depuis qu'elles ont été mises en place', assure-t-il.


'Ce n'est pas un pays qui a l'air de souffrir'

Spécialiste du pays et du Moyen-Orient, la sénatrice française Nathalie Goulet est du même avis. Quand vous vous rendez sur place, explique cette aficionado d'Ispahan, 'ce n'est pas un pays qui a l'air de souffrir' ou sous embargo qu'on visite.

Certes, la Coface estime dans son appréciation du risque de l'Iran, que la consommation des ménages, principale composante du PIB, 'va rester affectée par les niveaux élevés du chômage (touchant plus de 15% de la population active) et des prix', que 'les tensions inflationnistes demeureront extrêmement vives principalement à cause de la persistance de pénuries - dues au maintien de la majeure partie des sanctions - et de la faiblesse durial'.

Mais enfin, résume Behzad Azarsa, son pays n'est pas le seul touché. Plutôt que d'expliquer le réchauffement des relations diplomatiques par l'effet des sanctions sur l'économie iranienne, il préfère y voir un retour à la raison de la communauté internationale. Malgré l'élection d'Hassan Rohani, assure-t-il, 'l'Iran n'a pas changé. Il s'agit du même pays, de la même civilisation. Ce qui a changé aujourd'hui, c'est une meilleure compréhension mutuelle, un meilleur dialogue'.

La nouvelle stratégie de Washington

Ardavan Amir-Aslani a trouvé une formule pour résumer cette inflexion du point de vue international: le 'shift psychologique'. En préambule à ce qu'il présente comme le 'plus grand rajout au système économique mondial' depuis la fin de l'URSS, il a fallu une 'prise de conscience que le danger du conflit de civilisation n'est pas un conflit avec les chiites, mais avec une certaine branche du sunnisme, le wahhabisme'.

Ce courant de l'islam est religion d'Etat en Arabie Saoudite, le grand rival de l'Iran chiite au Proche-Orient. Principal allié américain dans la région, le royaume a vu cette alliance s'effriter depuis plus d'un an. Car, poursuit l'avocat d'affaires en allumant une autre cigarette, le retour en grâce iranien est aussi le produit d'un revirement stratégique de la première puissance mondiale. Ce pour trois raisons.


Le golfe Persique, que les Saoudiens appellent golfe Arabique, est l'un des symboles de la confrontation entre les deux puissances régionales.


Soutien, réel ou supposé, de Ryad aux groupe jihadistes

D'abord, il y a le soutien, réél ou supposé, de l'Arabie saoudite aux groupes jihadistes comme Al Qaida. Il y a, aussi, le détachement américain vis-à-vis des réserves d'hydrocarbures du royaume saoudien. 'D'ici 2017, les Etats-Unis devraient devenir indépendants et exportateurs aux alentours de 2025', notamment grâce à l'exploitation du gaz de schiste. La relation de 'dépendance' vis-à-vis de l'Arabie saoudite s'épuise d'autant plus vite, poursuit Ardavan Amir-Aslani que le pétrole de l'Iran et de l'Irak - deux pays à majorité chiite - constitue des réserves sinon plus importantes, du moins égales à celles des pays sunnites.

La troisième raison est stratégique : les Etats-Unis recyclent la politique de 'containment', en vigueur au cours de la Guerre froide. 'Ils ont besoin de contenir la Chine', poursuit l'avocat. 'Or le Pakistan est devenu le vassal de celle-ci, il leur faut donc s'appuyer sur un pays de poids' pour éviter que la Chine ne s'approche trop près du Moyen-Orient, et 'essayer de la tenir dans une situation de dépendance énergétique'.

Retour en grâce de l'ancien 'Etat voyou' ?

Auteur de 'La fabrication de l'ennemi', le maître de Conférences à SciencesPo Pierre Conesa pousse le raisonnement encore plus loin. Ancien directeur adjoint de la Délégation aux affaires stratégiques du ministère de la Défense, il estime que la mise au ban de l'Iran par la communauté internationale est un exemple du 'processus de fabrication de l'ennemi très lent et très bien construit'.

Pierre Conesa fait remonter le processus à la prise d'otages d'Américains en Iran, le 4 novembre 1979. 'L'Iran était alors un pays allié des Etats-Unis. Ces derniers n'ont rien vu venir, ils ont vécu cette crise comme une humiliation.' L'ambassade envahie, 55 personnes prises en otages, une opération militaire 'Eagle Claw' (serre d'aigle, animal emblème des Etats-Unis) qui capote… Quand Ronald Reagan se fait élire sur le programme 'America is back', estime le chercheur, c'est une façon de dire 'nous avons été faible'.


'Les Iraniens considèrent que depuis 1953, on les emmerde parce qu'ils ont du pétrole. Pour eux, la révolution en 1979, c'est une révolution populaire', poursuit-il.

Qu'ils seraient, en fait, les victimes collatérales d'une stratégie de 'réaffirmation de la puissance' américaine. Un exemple ?


Saddam Hussein attaque l'Iran en septembre 1980 mais, très vite, ce sont les Iraniens qui sont placés sous embargo par la communauté internationale. Allez expliquer ça à Téhéran !

'C'était une époque où toute thèse provenant des Etats-Unis était en mesure de structurer le monde', poursuit-il. Bénéficiant de cette emprise, les leaders de la première puissance mondiale - les néo-conservateurs, théoriciens de l''Axe du mal' et influents lors des mandats de Ronald Reagan et Georges W. Bush, sont notamment connus pour leur position très dure vis-à-vis de l'Iran - en aurait profité pour influencer la perception de l'ancienne Perse.

'En 1992, il se disait déjà que l'Iran risquait d'avoir l'arme nucléaire dans les mois suivants', assure l'auteur de la 'Fabrication de l'ennemi'. 'Évidemment, on sourçait alors des informations provenant des services de renseignement, ce qui est le plus sûr indice qu'il s'agit d'un système de fabrication de l'ennemi.'

Changement de perception

Avec l'arrivée de Barack Obama à la Maison blanche, les thèses néo-conservatrices ont perdu de leur influence. Pour être remplacé par un 'lobby iranien' ? C'est la thèse de Clare M. Lopez. Aujourd'hui professeur au Centre for Couterintelligence and Security Studies - où elle donne des cours sur les services de renseignement iranien -, elle a fait carrière à la CIA avant de s'établir à son compte.

En 2009, elle a publié une étude critique intitulée 'L'ascension du lobby iranien : les mouvements des groupes de Téhéran autour et au sein de l'administration Obama', dans laquelle elle entend présenter 'un réseau complexe de personnes et d'organisations en liens avec le régime des mollahs à Téhéran', qui aurait pour objectif 'd'influencer la politique de la nouvelle administration américaine à l'égard de la République islamique d'Iran'.

Farouche opposante à la Charia - loi fondée sur une stricte application du Coran, en vigueur en Iran depuis 1979 et décrite dans une interview de Clare Lopez comme 'entièrement contraire à la liberté humaine' -, l'analyste met en lumière l'existence d'organisations d'expatriés, comme le National Iranian-American Council (NIAC) ou l'American-Iranian Council (AIC), soutenu par des multinationales pétrolières, comme Aramco, Cevron, Conoco Phillips :


Il aura fallu au moins une décennie de manœuvres dans les coulisses de l'élaboration des politiques de Washington, pour créer ce 'lobby iranien', dont le but est d'infléchir la politique étrangère des Etats-Unis sur l'Iran vers des positions plus favorables au régime des mollahs.

'Ils défendent un Iran transhistorique, au delà des partis', estime pour sa part Ardavan Amir-Aslani, nuançant le terme de lobby. 'Notamment la culture iranienne, dans le temps et dans l'histoire'.

Où s'arrête le réel, où commence le fantasme, difficile d'arbitrer dans le cas du lobbying. Toujours est-il que la diaspora iranienne d'une part, Téhéran d'autre part, ont de longue date cherché à amender la perception négative de leur pays à l'étranger.


Une peinture sur le mur de l'ancienne ambassade des Etats-Unis en Iran. Photo prise en novembre 2011. (Reuters/Raheb Homavandi)



'Un pays très accueillant'

En 2012, le député européen Philippe Juvin (secrétaire national de l'UMP) s'était ému d'un projet de visite de parlementaires européens en Iran : 'c'était prendre le risque d'être instrumentalisé', explique-t-il aujourd'hui. 'Il semble que de l'eau ait coulé sous les ponts. Mais à l'époque, les négociations étaient difficiles et aller en Iran avec son écharpe de député, c'était donner de son image en contrepartie de rien.'


'C'est un grand classique de la diplomatie', poursuit Philippe Juvin. 'Le voyage, parlementaire notamment, dans un pays étranger peut être utilisé comme une arme politique. Ça fait penser à André Gide qui se rend en Union soviétique, par exemple.'

Ce n'est finalement qu'en décembre 2013 qu'une délégation de parlementaires s'est rendue sur place. L'eurodéputée finlandaise Tarja Cronberg (Groupe des Verts) préside la 'Délégation pour les relations avec l'Iran' au Parlement européen. Elle explique que ce n'est qu'après l'élection d'Hassan Rohani que les parlementaires se sont rendus sur place, 'aux frais du Parlement'. 'Nous avons pour mission de maintenir le contact avec le pays, et c'est important de savoir ce qui s'y passe, pour ne pas se baser que sur des notes de renseignements', explique-t-elle.

Tarja Cronberg précise que la délégation a rencontré 'beaucoup de monde', y compris des opposants, des ONG, des représentants de la société civile, afin d'avoir une perception 'nuancée' de la situation en Iran, fréquemment incriminée pour son manque de respect des droits de l'homme.

A l'ambassade d'Iran à Paris, Behzad Azarsa explique que l'Iran est 'un pays très accueillant'. 'L'Iran est connu pour son hospitalité, notamment vis-à-vis des étrangers.' Alors il arrive que le pays - comme d'autres - , ou des associations 'invitent des personnalités à venir en Iran, pour juger par eux-mêmes, voir la réalité de leurs propres yeux.' (1)

Devenir un hub régional

Cette politique d'ouverture, qui explique par ailleurs que le conseiller économique de l'ambassade reçoive des journalistes avenue d'Iena, implique également les entreprises étrangères, elles aussi 'plus que bienvenues' en Iran.

Début février, la visite d'une délégation d'entreprises françaises - à l'initiative du Medef international - dans le pays, et qui devait rester discrète, avait fait grand bruit. Les perspectives offertes par la taille du marché iranien, l'importante classe moyenne qui y vit et les besoins du pays - 'infrastructures, ingénierie, environnement, transports, santé, bien de consommation', égrène le conseiller économique de l'ambassade - suscitent les convoitises des entreprises françaises.


'Certains pays occidentaux se sont détournés', poursuit Behzad Azarsa. 'Cela ne veut pas dire que les opportunités économiques n'existaient plus'. L'Iran, dont la stabilité politique a été démontrée dans une zone instable, entend devenir un 'hub' dans la région, poursuit-il. Ses pays limitrophes représentent la bagatelle de 350 millions de personnes :


Nous avons de nombreux projets à offrir. Bien sûr, nous en offrons une partie aux pays asiatiques, à la Russie, aux pays d'Amérique latine, qui ont continué à commercer avec nous pendant toutes ces années.

Une position en droite ligne de l'intervention d'Hassan Rohani au Forum économique mondial de Davos, décrite par Le Monde comme une véritable 'offensive de charme'. Cité par le quotidien, Vali Nasr, doyen de l'école internationale de la Johns Hopkins University à Washington et spécialiste de l'Iran, expliquait qu'il s'agissait de 'dépasser la question nucléaire et mettre l'accent sur l'intégration de son pays à l'économie régionale et mondiale'.

Gage de ce volontarisme : au début du mois, le ministère iranien du Pétrole indiquait préparer un nouveau type de contrat plus attrayant pour les compagnies pétrolières internationales. Un comité y travaille. Le nouveau modèle de contrat sera 'finalisé au plus tard en mai ou juin', selon le ministère. Il doit remplacer les contrats Buy-Back par des contrats proches de ce qui est pratiqué au niveau international.


Les Etats-Unis ont exporté pour 313 millions de dollars en Iran en 2013

Le pays a besoin des entreprises étrangères pour doper son économie. Cet engouement des entreprises risque fort de doper la concurrence entre elles. Doctorant à l'EHESS, Djilali Benchabane a vu dans l'initiative du Medef international un 'mouvement précipité' soulignant 'une certaine fébrilité des acteurs économiques français vis à vis du marché iranien'.

'Il serait préférable de mettre en place des canaux de dialogue pour se réaculturer au pays', avance-t-il. 'Les Etats-Unis privilégient, en matière économique, une logique plus discrète'. Et payante ? Selon l'ambassade d'Iran, les relations commerciales avec les Etats-Unis ont prospéré 'malgré l'absence de relations diplomatiques'. Sur le site du Census, institut de statistique public américain, il est question de 313 millions de dollars exportés vers l'Iran en 2013. Le plus haut niveau depuis 2008. Cette émulation internationale devrait en tout cas permettre à l'Iran de négocier serré.

Les firmes internationales aideront aussi l'Iran à réussir son retour dans la communauté internationale : devant les perspectives économiques, les entreprises de tous les pays pressent leurs représentants politiques à lever les sanctions. 'Il est certain que les entreprises ne se soucient pas vraiment des arrières-goûts politiques', fait observer l'euro-député Philippe Juvin.


'Cela prendra beaucoup de temps'

Mais elles risquent de devoir ronger leur frein encore un moment. Il faut d'abord qu'un accord soit trouvé, ce qui ne va pas de soi : Iran et Etats-Unis sont confrontés à des résistances internes.


'Le guide suprême Khamenei soutient pour le moment le processus de négociations', explique Djilali Benchabane. 'Mais la question du nucléaire implique aussi les structures profondes du pays, ce qui inclut les militaires. L'implication directe du guide suprême sur ce dossier permet de les tenir à l'écart de même que les durs du régime, mais ceci pourrait tourner court en l'absence de résultats concrets ou si les conditions occidentales étaient jugés trop fermes'. Côté américain, le chercheur s'interroge : 'Si les négociations s'éternisent, Barack Obama parviendra-t-il à tenir le Congrès assez longtemps ?'

Et quand bien même, explique l'eurodéputée Tarja Cronberg : la levée des sanctions 'ne pourra se faire que de façon très progressive'. 'Cela prendra beaucoup de temps', estime-t-elle, tablant sur une normalisation effective 'vers la fin de l'année 2014'. De quoi laisser encore un peu de temps aux tractations économiques. Et d'aiguiser un peu plus les différents appétits.


http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20140304trib000818167/pourquoi-les-economies-occidentales-ont-interet-au-retour-de-l-iran-dans-leur-camp.html

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